Samaipata est un charmant village bolivien, point de chute idéal après l'agitation de La Paz. Ce séjour de trois jours raconte l'exploration du site pré-inca d'El Fuerte et la randonnée (sportive !) du Codo de los Andes. Malgré un très long trajet en bus et quelques moustiques, Samaipata charme par son atmosphère bohème, son histoire étonnante (marquée par le passage de Che Guevara) et de très belles découvertes culinaires locales.
Dès notre arrivée dans les contreforts de la cordillère orientale, le contraste est saisissant. Samaipata nous offre instantanément cette parenthèse de douceur que nous étions venus chercher.
Côté météo, Samaipata bénéficie d’un climat très agréable. Lors de notre séjour, il faisait assez chaud, avec des températures d'environ 25 degrés en journée. Attention cependant : ce climat subtropical favorise aussi la présence de moustiques. Ils sont nombreux et particulièrement actifs en fin de journée, un répulsif est donc indispensable.
Le (très) long périple : De La Paz à Samaipata via Cochabamba
Notre bus, initialement prévu à 18h, n’était pas complet et n'a démarré qu'à 19h. Mais notre départ a encore été retardé : peu de temps après, nous avons fait un arrêt dans un autre terminal de la ville. Résultat, nous n'avons véritablement quitté La Paz qu'à 20h30 ! Nous avons voyagé avec la compagnie Flota Cosmo pour 100 Bolivianos par personne (environ 7,20 €). Il semble que les prix soient baissés pour attirer les voyageurs, et certains bus sont même annulés par manque de passagers. Comptez environ 8h de route pour cette première étape.



Arrivés à Cochabamba, nous avons enchaîné avec un bus à 5h30 du matin de la compagnie Trans Pojo (réservé à l'avance sur WhatsApp) pour 130 Bolivianos par personne (environ 9,36 €). Il a fallu rouler encore 8h environ. Nous sommes finalement arrivés le lendemain vers 15h00 à Samaipata, épuisés par le voyage mais vraiment heureux d'être là.




Où dormir (et gérer les insectes) au cœur de Samaipata ?
Nous avons choisi l’Hostal El Viajero. Pour 180 Bolivianos la nuit (soit 12,97 €), nous y sommes restés trois nuits. C’est un endroit globalement calme, même si l’on entend parfois les chiens aboyer dehors (une habitude en Bolivie !). L'établissement propose une cuisine, mais comme nous ne la trouvions pas très propre, nous avons préféré ne pas l’utiliser.

La deuxième nuit a été un peu plus agitée : nous avons très peu dormi car des insectes entraient sans cesse sous la porte de notre chambre. Le lendemain, nous avons rapidement trouvé une solution en plaçant une serviette au pied de la porte pour empêcher une nouvelle invasion, ce qui a parfaitement fonctionné !


(Note pour les voyageurs : si vous cherchez une auberge avec un confort plus simple mais idéale pour organiser vos excursions, vous pouvez aller à l’Hostal Los Aventureros. Le gérant prend le temps de donner de précieux conseils et tous les prix exacts de la région !)
Le point de vue : Samaipata vue d’en haut
L'atout principal de notre logement était son emplacement, idéal pour se promener à pied. Nous en avons profité pour monter au point de vue qui domine Samaipata (le Cerro de la Patria). Depuis le centre, il faut compter environ 1h00-1h30 de marche aller-retour pour grimper au-dessus des 1 650 mètres d’altitude du village. L’effort en vaut la peine, car on est récompensé par un magnifique panorama sur les toits et la vallée.


Au-delà de ce point de vue, Samaipata est un village très charmant, bien entretenu et joliment fleuri. On y ressent une atmosphère douce et bohème, très marquée par la présence d’artistes et de voyageurs. En se promenant, on remarque d'ailleurs que l'art de rue est partout, avec de superbes peintures colorées sur les murs. N'hésitez pas à vous promener dans la rue principale, remplie de boutiques d’artisanat local, idéale pour trouver de beaux souvenirs.


















Qui habite ce village et de quoi vivent-ils ?
Samaipata est une ville à taille humaine qui compte aujourd'hui entre 4 500 et 5 000 habitants à l’année. Ce qui est surprenant ici, c’est le mélange des cultures. Historiquement habitée par des populations locales et indigènes, la ville a accueilli à la fin du 19ème siècle des immigrants arabes, croates et italiens, qui se sont parfaitement intégrés. Aujourd'hui, on y croise aussi beaucoup d’expatriés européens et de voyageurs tombés sous le charme de la région, ce qui renforce cette ambiance artistique et paisible.
Sur le plan économique, les habitants vivent principalement de deux secteurs :
L’agriculture : Grâce à une altitude moyenne et un climat subtropical favorable, les terres sont très riches. On y cultive des fruits, on fabrique des confitures artisanales, du chocolat, et plus surprenant encore : il y a des vignobles d’altitude ! Samaipata est devenue une étape importante de la route du vin bolivien.

Le tourisme : La proximité du parc national Amboró et des ruines d’El Fuerte permet à de nombreux habitants de travailler comme chauffeurs de taxi (comme notre chauffeur Cesar !), guides, restaurateurs ou gérants d'hôtels.
Le cœur du village : La Plaza Principal et son église
Le véritable point de rassemblement de Samaipata reste sa charmante place principale (la Plaza Principal). Très bien entretenue et arborée, c'est le lieu idéal pour faire une pause, observer la vie locale et admirer les statues et petits monuments qui rendent hommage à l'histoire de la région. Sur l'un des côtés de la place trône l'église de Nuestra Señora de la Candelaria. Si sa façade extérieure paraît assez sobre, n'hésitez pas à en pousser la porte lorsqu'elle est ouverte : son intérieur abrite de jolies boiseries sculptées et des détails dorés qui valent vraiment le coup d'œil !












Promenade gourmande au marché local
Nous avons profité de notre séjour pour visiter le marché municipal. Ouvert tous les matins, c’est le véritable lieu de vie du village. L’ambiance y est très authentique.

Pour les découvertes : C’est l'endroit parfait pour acheter des fruits tropicaux (comme la chirimoya ou le guapurú) et du fromage frais de la région.
Pour déjeuner : N’hésitez pas à vous asseoir aux petits stands pour manger à côté des habitants. On y sert pour un prix très modeste d'excellentes spécialités régionales, comme le silpancho (une fine tranche de bœuf panée avec du riz, des pommes de terre et un œuf au plat) ou le majadito.
Un village au passé étonnamment mouvementé
Derrière son apparence très calme, Samaipata possède une histoire agitée. La ville a été le lieu d'affrontements le 6 août 1814, pendant la guerre d’indépendance de la Bolivie.


Mais l’événement le plus marquant reste sans doute le passage de Che Guevara. Le 6 juillet 1967, pendant sa guérilla dans la forêt bolivienne, le "Che" et ses hommes ont fait une arrivée surprise à Samaipata. Le but n’était pas de capturer la ville lors d’une grande bataille, mais de faire une opération très rapide. Ils ont neutralisé le poste de police pour récupérer des provisions et surtout des médicaments urgents, avant de repartir se cacher dans les montagnes.
El Fuerte : Plongée dans les mystères pré-incas
Pour visiter le célèbre site d’El Fuerte, nous avons réservé un taxi avec Cesar pour 120 Bolivianos pour nous deux (environ 8,64 €). Voici son numéro WhatsApp : +591 67728720. Cesar nous a déposés et a attendu 2h sur place avant de nous ramener. L’entrée du site coûte 50 Bolivianos par personne (environ 3,60 €).




Une information utile : gardez votre ticket ! Il vous permet d'entrer gratuitement au musée archéologique situé dans le centre de Samaipata.
Inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998, El Fuerte ("Le Fort") porte mal son nom. Ce n'était pas une base militaire, mais un grand centre religieux et administratif ! Le site montre un mélange unique de plusieurs cultures (pré-chané, chané, inca et espagnole) et se divise en deux parties :
Le rocher cérémoniel : C’est une immense pierre sculptée, la plus grande au monde. On y voit des formes d'animaux gravées (pumas, jaguars) et de longs canaux creusés dans la roche appelés "le dos du serpent". Ces canaux servaient à faire couler des offrandes liquides (alcool de maïs, eau, sang) ou à observer les étoiles. Un détail fascinant : des traces de chicha (maïs fermenté) retrouvées sur les serpents prouvent qu’on y célébrait la terre nourricière, la Pachamama.



La zone résidentielle : Située juste au sud du rocher, on y trouve les restes d’une grande place centrale et les bases des maisons construites par les Incas, qui ont ensuite été réutilisées par les colons espagnols.




Le musée archéologique : Un complément indispensable à El Fuerte
Puisque le ticket d'El Fuerte donne un accès gratuit au musée archéologique (situé dans le centre du village), nous en avons profité pour y faire un tour, et la visite vaut vraiment le coup d'œil ! À l'intérieur, on découvre de fascinants vestiges retrouvés sur le site. Ce qui nous a le plus interpellés (et que vous pouvez voir sur nos photos) ? Les crânes exposés qui témoignent des pratiques de l'époque, les mystérieuses empreintes et dessins reproduits sur les murs, mais surtout les rituels d'inhumation. On y observe en effet d'étonnants squelettes conservés à l'intérieur de grandes jarres en terre cuite qui servaient d'urnes funéraires. Une petite visite très visuelle, parfaite pour mieux imaginer la vie de ces anciennes civilisations !







Randonnée au Codo de los Andes : Des panoramas aux cascades (et notre conseil)
Nous voulions ensuite faire la randonnée du Codo de los Andes. Les agences du centre proposent cette activité, mais les prix nous ont semblé trop élevés. Notre chauffeur Cesar nous a proposé l’aller-retour à 250 Bolivianos (environ 18,00 €) en nous attendant 3h sur place, ou 150 Bolivianos (environ 10,80 €) juste pour l'aller.
Nous avons finalement choisi l’option moto-taxi. Il y a un groupe de chauffeurs dans la ville, et notre conducteur nous a fait monter tous les deux à l'arrière de sa moto (une expérience inoubliable !) pour nous déposer au départ de la marche pour 100 Bolivianos (environ 7,20 €). L’accès au sentier coûte 20 Bolivianos par personne (environ 1,44 €). À l’entrée, gérée par l'association locale Campo Base Codo de los Andes, un responsable a vérifié que nous avions bien le tracé de la randonnée sur notre application hors-ligne maps.me (indispensable car il n'y a pas de réseau sur place), avant de nous donner des règles de sécurité et les numéros d’urgence.


Nous sommes partis seuls. Pour vous donner une idée, le chemin complet (de Palermo jusqu’aux cascades de Las Cuevas) fait exactement 11,8 kilomètres, avec un dénivelé positif de 722 mètres et un dénivelé négatif de 861 mètres. Au total, nous avons mis 5h40 pour terminer cette marche. Un point très important si vous y allez : il n'y a rien pour se ravitailler sur le chemin. Il faut absolument prévoir un pique-nique, beaucoup d’eau, un chapeau et des lunettes de soleil, car la chaleur est forte !






Toute la première partie monte bien et est très agréable, offrant des paysages magnifiques et dégagés. En revanche, le chemin devient très difficile quand on redescend vers la rivière pour aller aux cascades : le sentier n’est plus du tout entretenu. Nous avons dû traverser des branches et des ronces qui nous ont griffé les jambes.








Notre conseil : Avec le recul, il nous semble beaucoup plus sage de faire seulement la randonnée de 3h (aller-retour) jusqu’au superbe point de vue du Codo de los Andes. Une fois redescendus, le mieux est de prendre un taxi ou un moto-taxi pour aller directement à l’entrée des cascades. Cela permet d'éviter la partie dans la forêt très dense, tout en profitant d’une baignade bien méritée !
Pour notre retour, après une courte baignade rafraîchissante, nous avons eu une surprise : la porte de sortie était fermée. Comme on nous l’avait conseillé en cas de problème, nous sommes passés sous le pont en marchant dans l’eau pour rejoindre la route. Nous avons fait signe à un bus qui s’est arrêté, et nous sommes rentrés pour 20 Bolivianos chacun (environ 1,44 €).







Les autres découvertes autour de Samaipata
Si vous restez un peu plus longtemps, la région offre d’autres belles visites, notamment le grand Parc National Amboró :
Le Refuge pour animaux Jacha Inti : À la sortie du village, ce centre soigne des animaux sauvés du trafic illégal. On peut y voir des singes en semi-liberté, des chats sauvages, des perroquets et des coatis. L’entrée coûte entre 20 et 25 Bolivianos (environ 1,44 à 1,80 €), c'est un beau projet local à soutenir.
La Forêt des Fougères Géantes : À plus de 2 400 mètres d’altitude, cette forêt dans les nuages donne l'impression d'être dans le film Jurassic Park, avec des fougères qui mesurent 10 mètres de haut. Il faut y aller en 4x4 avec un guide obligatoire (comptez 140 à 200 Bolivianos par personne, soit environ 10,08 à 14,40 € via les agences).
Les cascades de Las Cuevas : Si vous ne faites pas la grande marche, vous pouvez aller directement aux cascades en taxi partagé pour profiter de leurs petites plages de sable.
Se reposer sur la place et goûter le vin local : Prenez le temps de vous asseoir sur la place principale et de visiter un producteur de vin (comme Uvairenda) pour découvrir les vins d’altitude de la région.
Gastronomie : De belles découvertes et une déception
Pour les repas, nous avons fait de très bonnes trouvailles à Samaipata :
Nous avons mangé deux fois dans une excellente pizzeria locale nommée tout simplement La Pizzeria, où nous en avons eu pour seulement 60 Bolivianos pour deux (soit environ 4,32 €).

Nous nous sommes régalés avec un très bon burger au restaurant La Bohème pour 55 Bolivianos (comprenant le burger et une boisson, soit 4,07 €).


Nous avons aussi beaucoup aimé le restaurant mexicain (le Mexicana) : comptez 114 Bolivianos (soit 8,21 €) pour un repas très complet avec nachos, burritos et boissons !




Il y a également le Café Tango ! C’est un restaurant végétarien très chaleureux qui fait aussi boulangerie. En plus d'offrir des plats délicieux, ils proposent des cours de tango gratuits tous les dimanches.
Pour les plus petits budgets, Gilles a testé une option très économique du côté de la station essence : un généreux plat de poulet-frites pour seulement 22 Bolivianos (soit 1,59 €) !

En revanche, nous avons essayé un camion-restaurant de burgers que nous avons trouvé très décevant et que nous ne recommandons pas.
Un départ vers Sucre un peu compliqué
Pour partir vers la ville de Sucre, il n’y a pas de compagnie de bus avec une agence physique officielle. Quelques magasins vendent des billets, mais ils ajoutent des frais supplémentaires. Nous avons donc décidé de réserver directement par WhatsApp avec la compagnie Flota Frontera, pour 200 Bolivianos par personne (environ 14,40 €), avec un départ prévu à 23h.
La difficulté ? Il fallait payer nos places en scannant un code QR avec un téléphone. Ce n'est pas facile pour des voyageurs de trouver quelqu’un sur place qui accepte (et qui a assez d'argent sur son compte) de payer en ligne pour nous en échange de notre argent en espèces. Heureusement, nous sommes allés au café "La cafette". La gérante parle parfaitement français, car sa fille vit à Montréal. C’est elle qui nous a beaucoup aidés pour trouver une personne qui puisse payer nos billets via le QR code. Nous la remercions chaleureusement de nous avoir permis de terminer ce séjour de la meilleure des manières, en route pour la capitale constitutionnelle !

Et vous, aviez-vous déjà entendu parler de cette petite ville paisible en Bolivie ? Est-ce que cette ambiance douce et artistique vous donne envie d'y passer lors d'un futur voyage ?
N'hésitez pas à nous donner votre avis : auriez-vous osé monter à trois sur une moto pour rejoindre le départ de la randonnée ? Nous avons hâte de lire vos commentaires !
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Commentaires (2)
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Isa
Toujours aussi passionnant. Et merci beaucoup pour toutes ces découvertes. Bonne continuation. Gros bisous à vous deux 😘
4 pieds sur terre
AUTEURMerci 😘
