Cet article retrace notre parenthèse ensoleillée à Sucre, la magnifique « Ville Blanche » et capitale constitutionnelle de la Bolivie. Entre flâneries dans les ruelles coloniales, balade sur les toits de San Felipe Neri et coucher de soleil au mirador, nous vous partageons nos coups de cœur, de notre logement pépite à petit prix jusqu'à nos incroyables découvertes culinaires, dont un mémorable repas gastronomique en 10 temps !
Après notre immersion à Samaipata, nous avons mis le cap sur Sucre. Pour nous, cette étape s'est déroulée à un rythme un peu ralenti, puisqu'une nouvelle infection bactérienne a encore frappé Audrey (rassurez-vous, ça va beaucoup mieux depuis la prise d'antibiotiques !). Malgré cette petite baisse de régime, la fameuse "Ville Blanche" nous a complètement charmés.




Bien loin du chaos vertigineux de La Paz, Sucre est apaisante, lumineuse et regorge de pépites. Et pour ne rien gâcher, la météo a été d'une clémence absolue : un temps magnifique pendant tout notre séjour avec des températures avoisinant les 30 degrés. Quel bonheur de pouvoir enfin ranger la grosse doudoune et la polaire au fond du sac pour ressortir les shorts, les jupes et les robes ! Un vrai break estival au milieu de notre aventure andine.
Le périple : De Samaipata à Sucre
Pour rejoindre Sucre depuis Samaipata, l'organisation demande un peu de malice. Sur place, il n'y a pas de compagnie de bus avec pignon sur rue. Quelques boutiques vendent bien des tickets, mais elles prennent des commissions au passage, ce qui fait grimper la facture.
Nous avons donc contourné le problème en réservant directement via WhatsApp auprès de la compagnie Flota Frontera pour 200 Bolivianos par personne (soit 14,40 €). Notre départ était initialement prévu à 23h, mais le bus n'a pointé le bout de son nez qu'à minuit. Un grand classique des transports boliviens auquel on commence à s'habituer !
Notre petit havre de paix à Sucre
Côté logement, Gilles a déniché une véritable perle rare pour un tarif imbattable : 168 Bolivianos la nuit (soit 12,10 €) à La Casita Destacamento.
Dès la porte franchie, on se sent bien. C'est une très belle maison dotée de superbes salons à chaque étage, décorés dans un style un peu à l'anglaise. La cuisine y est impeccable et parfaitement équipée pour se préparer de bons petits plats. De notre côté, nous avions une grande chambre baignée de lumière avec un lit double et un lit simple, une télévision, et un confort très appréciable en voyage : une salle de bain privative avec tout le nécessaire (shampoing, gel douche, savon pour les mains, tapis de bain), ainsi qu'une grande terrasse rien que pour nous ! Le tout idéalement situé pour rayonner dans la ville.








D'ailleurs, juste à côté de notre logement se trouve l'Église de San Miguel. Elle possède une particularité géniale : tout en haut de son clocher se cache le Café Mirador San Miguel ! Une adresse parfaite, à deux pas de notre lit, pour boire un bon café suspendu au-dessus des toits.

Le saviez-vous ? L'étonnante histoire de la capitale
Avant de vous emmener flâner avec nous, faisons un petit point géographique. On entend souvent que La Paz est la capitale de la Bolivie, mais ce n'est pas tout à fait exact.
Sucre est la véritable capitale constitutionnelle et historique du pays. C'est ici, en 1825, que l'indépendance de la Bolivie a été signée. Officiellement, c'est l'unique capitale et elle abrite d'ailleurs toujours le Pouvoir Judiciaire (la Cour Suprême). Seulement voilà, à la fin du 19e siècle, à la suite d'une guerre civile, le gouvernement s'est déplacé vers le nord. La Paz est alors devenue le siège du gouvernement (Pouvoir Exécutif et Législatif), s'imposant comme la capitale administrative de facto.
Si Sucre est aujourd'hui considérée comme la plus belle ville du pays, elle le doit à son histoire fascinante. Aux 17e et 18e siècles, les riches propriétaires miniers de Potosi et l'aristocratie espagnole préféraient largement s'installer ici pour profiter du climat doux, fuyant les montagnes glaciales. Ils y ont érigé de somptueuses demeures bourgeoises qui font encore la fierté de la ville aujourd'hui.
Flânerie architecturale : places ombragées et façades immaculées
Plutôt que de courir d'un point A à un point B, nous avons pris le temps de nous imprégner de l'atmosphère de Sucre en flânant à pied sous le soleil. Notre découverte a naturellement commencé par le cœur battant de la ville : la Plaza 25 de Mayo.





C'est une place centrale magnifique, extrêmement vivante et ombragée par de grands arbres majestueux. Les locaux s'y retrouvent pour discuter sur les bancs, et l'ambiance y est très douce. En faisant le tour de cette place, on tombe nez à nez avec l'édifice le plus emblématique du pays : la Casa de la Libertad. C'est dans cette ancienne chapelle jésuite qu'est née la Bolivie. On peut y observer la toute première Constitution et des portraits de Simon Bolivar (Prix de l'entrée : 15 Bolivianos, soit 1,08 €, avec un supplément de 10 Bs, soit 0,72 €, pour le droit de faire des photos).



Juste à côté, toujours sur la place, s'élève la Catedral Metropolitana avec son étonnant mélange de styles Renaissance et Baroque.


Si l'on peut s'y recueillir librement aux heures de messe, son musée est accessible pour 15 Bolivianos (1,08 €). À quelques pas de là, le majestueux Palacio de Gobierno (la Préfecture) impose ses grandes arches.


En nous éloignant un peu, nous nous sommes faufilés dans les cours intérieures de l'Université de San Francisco Xavier (fondée en 1624).



Dans le même quartier, nous découvrons le Teatro Gran Mariscal, dont l'architecture rappelle curieusement celle des opéras parisiens.


À quelques pas du Teatro Gran Mariscal, nous sommes tombés nez à nez avec une façade immaculée absolument somptueuse, ornée d'une étoile géante sculptée. On aurait pu croire à une cathédrale ou à un riche palais... mais non ! Il s'agit en fait de la chapelle de l'Hôpital Santa Bárbara. Construit en 1554, c'est l'un des tout premiers hôpitaux jamais bâtis sur le continent américain, et chose incroyable, il est toujours en activité aujourd'hui ! Une preuve de plus que dans la "Ville Blanche", la beauté architecturale se cache vraiment à chaque coin de rue.

Un peu plus loin, se trouve le Cimetière Général. Cela peut paraître surprenant de s'y promener, mais c'est un incontournable ! Contrairement à beaucoup de cimetières, celui-ci ressemble à un grand parc paisible avec des allées ombragées, de superbes jardins impeccables et des caveaux majestueux très bien entretenus.
Prendre de la hauteur : Des toits de l'église Philippe au Mirador
Notre immense coup de cœur architectural reste le couvent et l'église de San Felipe Neri (notre "église Philippe"). L'accès y est presque secret : il faut emprunter la porte d'une école pour filles sur la Calle Nicolas Ortiz. Pour 30 Bolivianos (2,16 €), on a pu marcher sur ses vieilles tuiles ocre en dominant la ville.













💡 Conseil pratique : Attention, vérifiez toujours les horaires avant de vous déplacer ! En Bolivie, les créneaux d'ouverture sont parfois très courts et spécifiques. Pour l'église San Felipe Neri par exemple, les visites ne sont possibles qu'entre 15h et 17h30.


En fin de journée, nous nous sommes lancés dans l'ascension vers le fameux Mirador de la Recoleta (environ 15 à 20 minutes de marche à pied depuis le centre, ça grimpe un peu !). Une fois en haut, au niveau des belles arcades de la place, un panorama superbe s'ouvre sur la ville. Quel plaisir d'y siroter un verre au Café Gourmet Mirador en regardant le soleil décliner sur la vallée !









C'est seulement juste après avoir profité du mirador, en redescendant vers le centre-ville, que nous sommes passés par un petit bijou caché : la Calle de los Gatos (la rue des chats). C'est une toute petite ruelle étroite aux murs chaulés, hyper photogénique et pleine de charme.


La folie des grandeurs : Les Palacetes et nos rendez-vous manqués
En explorant d'autres quartiers, on découvre les fameux Palacetes. Nous avons été impressionnés par le Palacete del Guereo (classé à l'UNESCO, entrée à 20 Bolivianos, soit 1,44 €), un palais éclectique du 19e siècle entouré d'un parc de cyprès vieux de 450 ans.
Hélas, avec la santé un peu fragile d'Audrey, nous n'avons pas pu tout voir. Nous aurions aimé nous rendre au Castillo de la Glorieta. Ce château excentré à l'architecture improbable (mélange gothique, arabe et byzantin) s'atteint facilement avec le micro n°4 depuis le centre (Entrée : 25 Bolivianos, soit 1,80 €). Nous avons également fait l'impasse sur le Museo del Tesoro (25 Bs) ou le Musée ASUR (40 Bs).
💡 Petites anecdotes et découvertes insolites :
Les dinosaures boliviens : Sucre possède une curiosité géologique étonnante, le Parque Cretácico. Situé dans une cimenterie, ce parc abrite une immense falaise couverte de plus de 5 000 empreintes de pas de dinosaures !
La passion du cacao : Sucre est la capitale bolivienne du chocolat. On trouve des boutiques artisanales à chaque coin de rue, et il existe même un Musée du Chocolat !
Instant logistique : Nous avons trouvé une excellente laverie, la Lavanderia - Punto de lavado, idéalement située tout près du pittoresque quartier des couturiers.
Sucre, capitale inattendue de la gastronomie (à petit prix !)
S'il y a bien un domaine où Sucre nous a surpris, c'est dans l'assiette. C'est ici que nous avons fait nos plus belles découvertes culinaires, du marché populaire au restaurant gastronomique.
L'immersion a commencé au grouillant Mercado Central.



C'est le cœur vivant de la ville ! Nous y avons mangé au milieu des locaux. Gilles a testé le Chorizo Chuquisaqueño (la fameuse spécialité locale de saucisse servie avec de la salade et du pain), tandis que j'ai testé un Mondongo (un plat typique de Sucre à base de porc et de maïs jaune). Le tout couronné par l'incontournable jus de fruits frais préparé sous nos yeux sur les stands dédiés pour le tarif de 65 Bolivianos soit 4,68€.



Plus tard, nous avons partagé un excellent dîner au restaurant Quimba avec un couple de Canadiens très sympathiques... avec qui nous vivrons d'ailleurs notre prochaine grande aventure dans le Salar d'Uyuni !
Mais la meilleure expérience culinaire fut notre déjeuner au restaurant gastronomique El Solar. Un repas de haute volée décliné en 10 temps (prévoyez 2 heures sur place). Nous n'avions jamais testé un restaurant proposant autant de plats successifs. Le plus incroyable ? Nous n'avons payé que 380 Bolivianos (soit 27,36 €) pour nous deux, avec une bouteille de vin incluse !












Si vous avez plus de temps à Sucre...
Comme notre rythme était ralenti, nous n'avons pas pu tout explorer, mais si vous êtes en pleine forme, voici deux classiques à rajouter à votre programme :
Le Parque Simón Bolívar : Un immense parc où les Boliviens adorent se balader le week-end. Sa grande originalité ? On y trouve une réplique miniature de la Tour Eiffel, conçue par Gustave Eiffel lui-même, sur laquelle on peut grimper !
Les excursions autour de la ville : Sucre est le point de départ de superbes treks d'une journée. Les plus connus sont la randonnée vers le Cratère de Maragua (des paysages minéraux sublimes et très colorés) ou encore le Chemin de l'Inca (une marche sur d'anciennes routes pavées incas, souvent depuis Chataquila).
Et vous, seriez-vous plutôt tentés par l'effervescence et les jus frais du Mercado Central ou par l'expérience gastronomique en 10 temps d'El Solar ?
En route pour la suite !
Ressourcés, bronzés et les papilles comblées, il est temps pour nous de quitter la douceur de Sucre pour reprendre un peu d'altitude. Direction Potosi et son illustre montagne d'argent ! Nous avons simplement pris un bus au terminal routier pour 76 Bolivianos pour nous deux (soit 5,68 €). Une nouvelle page de l'aventure bolivienne s'ouvre !
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Commentaires (2)
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Marie Noel
Super article on a l'impression de son promener avec vous dans les rues de Sucre. Dommage que ça ne soit qu'une impression pour le repas gastronomique 😉😋
4 pieds sur terre
AUTEURAhah dommage qu'on ne puisse pas vous faire partager les saveurs !
